
- Amende minimale : 1 500 € par compte non déclaré, portée à 10 000 € si le pays est non-coopératif.
- Majoration d’impôts : 80% des droits éludés en cas de compte dissimulé.
- Délai de reprise du fisc : 10 ans (au lieu de 3 ans pour un compte déclaré).
- Le fisc reçoit automatiquement vos données via CRS et FATCA depuis plus de 100 pays.
- La régularisation spontanée réduit significativement les pénalités.
Vous avez ouvert un compte bancaire à l’étranger et ne l’avez jamais déclaré , par omission, par méconnaissance, ou parce que vous pensiez que cela ne concernait pas les résidents fiscaux français. Depuis 2017, l’administration reçoit automatiquement les données de vos comptes étrangers via les accords d’échange automatique d’informations.
La question n’est plus « est-ce que le fisc va découvrir ? » mais « quand ? ». Voici ce que vous risquez concrètement, et comment limiter les dégâts avant qu’il soit trop tard.
Après cet article : le montant exact des amendes, les 3 niveaux de sanctions, comment fonctionne la détection automatique, et la procédure de régularisation spontanée étape par étape.
Les 3 niveaux de sanctions pour non-déclaration
Pas le temps ? Obtenez un résumé de l'article :
Niveau 1 : l’amende forfaitaire automatique
L’article 1736 IV du CGI prévoit une amende de 1 500 € par compte non déclaré et par année. Elle est portée à 10 000 € si le compte est situé dans un pays figurant sur la liste noire UE des juridictions non-coopératives. L’amende s’applique par compte et par an : trois comptes non déclarés pendant cinq ans représentent potentiellement 22 500 € d’amendes avant même le calcul des droits rappelés.
Niveau 2 : la majoration sur les droits rappelés
Si le compte a généré des revenus non déclarés (intérêts, dividendes, plus-values), l’administration rappelle l’impôt dû avec une majoration de 80% pour manquement délibéré (art. 1729 CGI), plus des intérêts de retard de 0,20% par mois. Le délai de reprise est étendu à 10 ans pour les comptes non déclarés , l’administration peut remonter très loin.
Niveau 3 : les poursuites pénales
En cas de montants importants ou de dissimulation organisée, le parquet peut être saisi pour fraude fiscale. Les peines peuvent atteindre 7 ans d’emprisonnement et 3 millions € d’amende en cas de circonstances aggravantes. Ces poursuites s’ajoutent aux sanctions administratives , elles ne les remplacent pas. La frontière entre optimisation et fraude est précisément là : l’intention de dissimuler.
Comment le fisc français découvre vos comptes étrangers
La confidentialité bancaire à l’étranger n’est plus ce qu’elle était. Deux mécanismes automatisés sont en place :
- CRS (Common Reporting Standard) : plus de 100 pays transmettent annuellement les données de comptes détenus par des résidents fiscaux français , soldes, intérêts, revenus perçus.
- FATCA : accord bilatéral avec les États-Unis imposant aux banques de se transmettre mutuellement les données clients.
Les mécanismes FATCA, CRS et DAC fonctionnent de façon automatisée. Votre banque à Singapour, Dubaï ou en Suisse transmet vos données à son administration locale, qui les relaie à la France , sans que vous en soyez informé.
Tableau récapitulatif des sanctions
| Infraction | Sanction | Base légale |
|---|---|---|
| Non-déclaration (pays coopératif) | 1 500 € / compte / an | Art. 1736 IV CGI |
| Non-déclaration (pays non-coopératif) | 10 000 € / compte / an | Art. 1736 IV CGI |
| Revenus étrangers non déclarés | Rappel d’impôt + 80% majoration | Art. 1729 CGI |
| Intérêts de retard | 0,20% par mois | Art. 1727 CGI |
| Fraude fiscale caractérisée | Jusqu’à 7 ans + 3M€ | Art. 1741 CGI |
| Délai de reprise étendu | 10 ans au lieu de 3 ans | Art. L169 LPF |
La procédure de régularisation spontanée
Si vous n’avez pas encore reçu de contrôle, la régularisation spontanée est fortement recommandée. Elle consiste à contacter l’administration proactivement. Les avantages : la majoration est ramenée de 80% à 30%, et l’administration est plus ouverte aux arrangements sur les intérêts de retard. Les obligations déclaratives complètes pour structures et comptes étrangers sont documentées.
Les étapes pratiques :
- Rassembler les relevés sur les 10 dernières années
- Calculer les revenus générés non déclarés
- Déposer des déclarations rectificatives avec les formulaires 3916
- Payer les droits rappelés + majorations réduites + intérêts de retard
Les erreurs de bonne foi : peut-on les prouver ?
La loi distingue le manquement délibéré (majoration 40%) de la simple insuffisance déclarative (majoration 10%). Pour bénéficier de la qualification la plus favorable, il faut démontrer l’absence d’intention frauduleuse : compte ouvert lors d’une expatriation et oublié, héritage international, ancien compte professionnel. Sans intention de dissimuler documentable, les sanctions sont significativement réduites. Vérifiez également si votre juridiction figure sur la liste noire ou grise de l’UE , cela impacte directement le montant des amendes.
Questions fréquentes
Suis-je obligé de déclarer un compte étranger même si le solde est nul ?
Oui. L’obligation s’applique dès que le compte a été ouvert, utilisé ou clôturé dans l’année.
Un compte Revolut ou Wise compte-t-il comme compte étranger ?
Oui. Revolut (Lituanie) et Wise (Belgique/UK) sont des établissements étrangers , ils doivent être déclarés via le formulaire 3916.
La régularisation est-elle possible après un contrôle fiscal ?
Oui, mais les conditions sont moins favorables. Après mise en demeure, la majoration reste à 80% et la négociation est plus difficile.
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